Rentrée : pourquoi la motivation met parfois du temps à revenir de vacances

Réunions qui reprennent, boîte mail qui déborde, nouveaux projets à peine posés. La rentrée n'est pas qu'une question de calendrier. Voici ce qui se joue vraiment côté stress et motivation, et comment en tenir compte.

Le syndrome du dimanche soir, version rentrée

La reprise après plusieurs semaines de vacances peut provoquer une version concentrée du stress habituel du dimanche soir. Ce syndrome n'est pas qu'une expression. Une étude menée en 2020 par Casper et Sonnentag montre que s'inquiéter le soir de sa journée de travail du lendemain affecte déjà notre bien-être avant même d'y être confronté. Le cerveau ne fait pas la différence entre vivre une situation difficile et l'imaginer : il déclenche la même réponse de stress.


La même étude montre qu'un levier simple aide un peu à se sentir mieux : planifier concrètement sa journée du lendemain. Dans mes accompagnements individuels, je propose souvent de reprendre l'agenda avec mes clients pour regarder s'il existe une autre façon de gérer leur temps : déléguer ou arrêter certaines réunions, bloquer des créneaux de travail de fond, de créativité ou de repos.


Un exercice simple à refaire seul ou avec quelqu'un qui vous challenge : quel est mon rôle réel dans cette réunion ? Peut-on en réduire la fréquence ou la durée ? Pourquoi suis-je autant sollicité sur ce sujet ? Quand est-ce que je recharge vraiment mes batteries ? Faire apparaître quelques espaces dans un agenda, même sans le transformer en gruyère, suffit déjà à réduire une partie du stress.


Si ce n'est pas l'anxiété mais plutôt la démotivation qui pose problème à la rentrée, la question se pose autrement.

Comprendre d'où vient sa motivation

Les chercheurs Ryan et Deci ont développé la théorie de l'autodétermination, qui distingue deux grands types de motivation : la motivation extrinsèque, quand on agit pour obtenir une conséquence extérieure comme une prime, des jours de télétravail ou les avantages du comité d'entreprise, et la motivation intrinsèque, liée directement à la satisfaction que procure l'activité elle-même.


La motivation extrinsèque peut suffire un temps, mais une dose de motivation intrinsèque change beaucoup de choses. Selon cette théorie, elle dépend de trois besoins : le besoin de compétence, se sentir efficace dans ce qu'on fait ; le besoin d'autonomie, se sentir à l'origine de ses propres comportements ; et le besoin d'affiliation, se sentir connecté aux autres et à son équipe.


Si votre motivation, contrairement à vous, n'est toujours pas tout à fait revenue de vacances, la question à se poser pourrait être : lequel de ces trois besoins me manque en ce moment ? Plus d'autonomie sur un projet ? Plus de reconnaissance sur certaines compétences ? Plus de lien avec l'équipe ?

Faire tenir ses bonnes résolutions de rentrée

Septembre s'accompagne souvent de son lot de projets et de bonnes résolutions : obtenir un nouveau poste, finir moins tard, faire plus de sport, mieux gérer une équipe ou une relation professionnelle compliquée. Ce n'est pas parce qu'une nouvelle habitude démarre un premier septembre qu'elle a plus de chances de tenir qu'un 13 octobre, mais l'idée d'un nouveau départ donne un sentiment, même irrationnel, de seconde chance.


Pour maximiser les chances qu'un projet tienne plus de deux jours, quelques leviers concrets : s'appuyer sur un proche ou un collègue capable de vous relancer et de vous challenger, diviser la démarche en micro-tâches réalisables en deux heures ou moins (on sous-estime presque toujours le temps qu'une tâche prend réellement), construire un rétroplanning réaliste en incluant environ 30% de marge pour les imprévus, et se former ou échanger avec des personnes déjà expertes sur le sujet.


C'est exactement ce que je travaille avec les femmes managers qui rejoignent Résonances, mon programme de coaching collectif en visio : poser un cadre réaliste, oser affirmer ses limites, et transformer une intention en avancée concrète.


Et vous, cette rentrée rime plutôt avec nouveaux projets, stress, ou démotivation ?


Clémence Partouche-Ceyrac est coach de carrière à Paris. Elle accompagne dirigeants, cadres et indépendants dans leur relation au travail.
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Clémence Partouche-Ceyrac